REVUE DE PRESSE

 

 

Si vous souhaitez contacter le service presse du CRTH :

Laurent Codair : En charge des relations presse de Pascal Parsat

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

Alexandra Révolte : En charge des relations presse du CRTH, d'OCL (projets, événements)

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

 

Le CRTH et Pascal Parsat

Le Parisien - 16 mai 2007
de Julie le Bolzer  

Chaque jour, un parcours réussi « Mon handicap, était de ne pas avoir de handicap »  
Pascal Parsat, 48 ans, comédien, professeur d'art dramatique, et fondateur d'une compagnie pour les déficients visuels, Regard'en France. Sur sa carte de visite, ses coordonnées sont également lisibles en, braille. Pascal n'est pourtant pas malvoyant. Mais cet homme de théâtre souhaite que l'art dramatique soit accessible à tous, aux personnes en situation de handicap et aux autres.
« Une société qui oublie l'un des siens est indigne », insiste ce séduisant quadragénaire au regard bleu et au bouc argenté.
Né en Touraine, dans une famille modeste où la culture n'est ni absente ni omniprésente, Pascal découvre les planches dès la maternelle où il joue le premier rôle d'un spectacle pour enfants. « Dès lors, je ne pouvais pas redescendre de l'affiche », dit-il en plaisantant.  
Des spectacles dans l'obscurité.  
Après un bac gestion-publicité, il fait le choix de monter à Paris. Soutenu moralement par ses parents, il gagne son indépendance financière grâce à une foule de petits boulots. Des moments difficiles où il dit « avoir toujours gardé confiance », comme il veut aujourd'hui, que « chaque individu retrouve confiance en soi ».
C'est en 1993 que, devenu le plus jeune professeur du Conservatoire de Paris à l'âge de 33 ans, il crée les Visiteurs du Noir, pour ouvrir la scène aux déficients visuels. N'étant pas atteint de cécité, ni personne dans son entourage, il s'entend dire qu'il manque de crédibilité.
« Mon handicap était de ne pas avoir de handicap. Tout le monde se demandait moi le premier, ce que j'allais faire là-dedans.» Aujourd'hui les actions qu'il a initiées au sein de la Compagnie Regard'en France n'ont pas d'équivalent et font référence. C'est notamment le Fonds Théâtral Sonore qui met les ouvrages à la portée de ceux qui ne peuvent les lire ; 0 Clair de la Lune, une école de théâtre différente qui réunit amateurs et professionnels, en situation de handicap ou non, en ateliers ou à domicile : celle-ci comptait vingt-neuf élèves à sa création en 2004, et plus de deux cents aujourd'hui. Enfin, les Visiteurs du Noir qui ont pour vocation de sensibiliser, en proposant notamment des spectacles dans l’obscurité. « Dans le noir, la vue s'endort et les quatre autres sens s'aiguisent» .
Toutes ces structures multiplient les prix et les distinctions, et sont citées en exemple par la HALDE, la Haute Autorité de la Lutte contre les Discriminations et pour l'égalité.
Acteur du rapprochement « entre ceux qui ont peur d'être exclus et ceux qui ont peur d'être envahis », Pascal a relevé un défi que lui-même qualifiait d'impensable, et confirmé « que rien n'est impossible ».

APAJH - septembre 2006
"A l'école de tous les sens, au théâtre des différences"
Article paru dans le trimestriel 'APAJH' (n° 91), page 37      

Depuis 1993, la compagnie théâtrale Regard'en France offre l'accès aux textes de théâtre à ceux qui ne peuvent pas ou plus lire. Son fondateur, Pascal Parsat, avait été distingué par les Trophées APAJH 2006 pour l'originalité de son initiative pour l'accès de la culture à tous.    
« La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler entre leurs doigts. Ferme tes mains, ferme tes mains vite ! Retiens-la ! ». Ali déclame du Montherlant appris en texte braille. Et Julie lui donne la réplique devant une douzaine d'apprentis comédiens et quelques chiens silencieux. Le professeur Pascal Parsat sème ses messages entre chaque tirade : « Trouve ta vérité. Le théâtre n'est qu'un mensonge qui se construit de la vérité », pour inviter Ali à déclamer sans rester figé. A l'adresse de Julie : « Si on veut de vrais rapports, il faut de vrais humains », pour l'encourager à entrer dans le jeu : « Ecoute, sois réceptive et reçois ce que dis l'autre. Ne t'occupe pas de ce que tu as prévu, sois là maintenant ».
Le professeur se fait tantôt persuasif : « Sois convaincu et tu seras convaincant », tantôt rassurant : « le ridicule ne tue pas, c'est pourquoi il y a tant de survivants ».   Cet atelier, intégré à la Cité Internationale des Arts de Paris, figure au programme de l'école O Clair de la Lune, « une école différente de théâtre, où l'on apprend ensemble à jouer de sa différence » comme l'indique Pascal Parsat, son fondateur et aussi comédien, auteur, metteur en scène, professeur d'art dramatique, « une école accessible à tous, adaptée à chacun ».
Pour les enfants de 12 à 18 ans, une classe est "en résidence" au conservatoire municipal du 15ème arrondissement de Paris. Trois ateliers d'écriture, de lecture à haute voix et de chant Gospel complètent les ateliers de théâtre. Sans oublier les nombreux stages de "prise de parole" ou de "travail vocal".    
Pascal Parsat, jamais à court d'idées, a mis ses talents de comédien au service de son art : avec son concept de "théâtre dans le noir", il a créé "Les Visiteurs du noir", qui ont monté des spectacles comme "Colin-Maillard" (500 représentations à travers l'Europe), "Café noir" (pour les Nuits Blanches à Paris en 2002), et encore "Mélano, taupe modèle" ou "Dites encore pour voir". « Regard'en France Cie a fait de cette absence de lumière un éclairage nouveau, une autre façon de regarder » explique-t-il.
Dans sa palette, figurent aussi des feuilletons radiophoniques, avec la station Vivre Fm et des lectures à domicile.
La compagnie vient en outre de s'enrichir d'un fonds sonore, « Pour ceux qui aiment le théâtre, et ne peuvent pas ou plus lire ». Ce centre de ressources permet aux personnes déficientes visuelles, et aussi à celles souffrant d'illettrisme, d'accéder à plus de 2000 ouvrages sonores en lien avec la culture théâtrale.    

L'ambition de la Compagnie ? « Faire vivre la différence pour penser différemment » argumente son fondateur, « pour le seul bien de tous, dans le respect de tous, quelques soient les singularités de chacun. Mariages des genres et des sensibilités et non disparition de l'un dans l'aveuglement de tous ! »   « C'est un cours de théâtre "révolutionnaire", qui fait ce qui devrait se faire partout dans notre société : il mixe » confie une maman, « c'est une école "tutti frutti", on y trouve ce que l'on apporte et ce en quoi l'on croit : son oeil de non-voyant, son talent de handicapé, son adresse de dyspraxique, son dynamisme d'invalide et sa passion d'inadapté, tout cela mélangé avec la maladresse du valide, l'hésitation du surdoué, la compétence du prof, son désir de réussite ».  
Entendre c'est voir ! Qu'une association d'artistes interprètes aient eu l'initiative heureuse d'ouvrir un Fonds Théâtral Sonore pour permettre l'accès aux œuvres des écrivains de théâtre, quel plus bel exemple de travail tisse entre les artistes interprètes et les artistes auteurs qui retrouvent par là-même ce lien si essentiel à la vitalité de l'écriture tout en permettant, objectif premier bien sûr, l'accès direct de ces œuvres à ceux qui ne peuvent pas ou plus lire, je dirai même que cet outil pourrait devenir aussi nécessaire aux écrivains de théâtre eux-mêmes qui ont tant besoin d'entendre leurs textes pour voir clair dans leur œuvre.
Merci donc et longue vie à Regard en France.
Louise Doutreligne Vice Présidente de la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques)

 

Faire Face (1) - Septembre 2006
"La richesse de la différence", de Valérie Di Chiappari - photo: Jérôme Deya    
Article paru dans le mensuel "Faire face" (n°645), page 43

Metteur en scène, comédien, professeur, Pascal Parsat voit dans le théâtre l'outil fédérateur d'une société. Il agit pour la rendre capable de reconnaître la richesse de l'autre dans sa différence. La densité des mots. Des mots précis, percutants, aiguisés, souvent tranchants. - Pascal Parsat, 47 ans, homme de théâtre, les met au service de son indignation face à une société qu'il voudrait « juste, équitable, humaniste » mais qui reste souvent « incapable de voir de la richesse dans la différence ».
Une indifférence qui le touche et le pousse à agir. Comédien, metteur en scène, professeur dans de nombreux conservatoires, il a ainsi fondé en 1993 Regard'en France Compagnie, une association dont la mission est de sensibiliser par le théâtre le grand public à cette différence, celle des personnes en situation de handicap. Pascal Parsat lance ensuite son concept de théâtre dans le noir. « Les associations, ces vieilles dames à caresser dans le sens du poil s'en sont un peu offusquées. De quoi je me mêlais, moi qui voyais très bien ? Bon, je n'allais quand même pas me crever les yeux pour leur faire plaisir ! »
Puis, en 2004, il fonde l'école O Clair de la lune qui forme ensemble élèves handicapés et valides. « Trop longtemps, les personnes handicapées ont entendu : "C'est bien ce que tu fais : sous-entendu ‘pour ce que tu es’: Mais il faut oser dire vraiment aux gens ce qu'ils sont par rapport à ce qu'ils veulent et donc ce qu'ils doivent. C'est ça aussi l'exigence du métier de comédien. » Pascal Parsat n'envoie personne le dire à sa place. Cette exigence, cette rigueur, la même pour tous, ses élèves l'apprécient.
Et comme il ne s'arrête jamais, il vient de créer cette année le fonds théâtral sonore pour que tous ceux qui ne peuvent pas ou plus lire puissent accéder aux écrits sur le théâtre.
Homme public depuis vingt ans, il protège sa vie privée. Homme d'action, il ne saurait se contenter ni de peu, ni d'à peu près. Ses projets, il les mène jusqu'au bout. Pascal Parsat aime ceux qui, comme lui, ont des convictions. Il repousse les fatalistes, les résignés, les frileux. La peur, « celle qui empêche d'agir, qui nourrit les ignorances, ne permet ni de voir, ni d'entendre », le met en colère. « L'essentiel c'est de faire et on ne peut pas en vouloir à ceux qui font. Après, je laisse aux autres le soin de commenter, de critiquer. »
Cette confiance en lui qui se dégage de chacun de ses propos peut plaire, ou déplaire quand elle est mal comprise. Il n'a pourtant rien d'un prétentieux. De toute façon, il s'en moque. « Je n'ai pas beaucoup d'ennemis, je fréquente beaucoup de lâches et de jaloux. » Tant pis pour eux.

 

O Clair de la Lune

La Terrasse - Mai 2007 Hors Série,
La Formation Théâtrale Entretien avec Pascal Parsat
Propos recueillis par Catherine Robert
L’exigence humaniste
Pascal Parsat a créé en 2004 O Clair de la Lune, une école qui offre un enseignement théâtral aux élèves en situation de handicap ou pas. le directeur de la compagnie Regard’en France continue ainsi son travail de lutte contre la ghettoïsation, commencé il y a quinze ans.
« Je refuse la discrimination positive. La première chose pour un élève est d’être au pied de son mur et de ne pas s’abuser lui-même. »
Pourquoi chez vous ce souci du handicap ?
Pascal Parsat : La compagnie Regard’en France a toujours été visionnaire et a toujours su proposer des réponses à des questions non encore posées. Notre école est une réponse à une carence sociétale qui n’est pas prise en compte ou en charge par l’Etat. La volonté de créer notre école est partie d’un constat : en 2003, il n’y avait pas d’élèves en situation de handicap dans les écoles de théâtre. La seule offre qui leur était faite était une offre de loisir en forme de ghettoïsation. J’ai voulu rompre avec ça et proposer que des élèves, handicapés ou non, apprennent ensemble les fondamentaux du théâtre en faisant des propositions élargies aux élèves pour qu’ils aient le choix de leur expression, chacun étant conduit à la fois à égalité et à son rythme. Je refuse la discrimination positive. La première chose pour un élève est d’être au pied de son mur et de ne pas s’abuser lui-même.
En tant que pédagogue, je refuse d’appréhender la personne autrement que pour ce qu’elle est. D’ailleurs, ça fonctionne très bien et ça change le regard sur le handicap. La preuve en est que lors des présentations des travaux des élèves, les spectateurs remarquent qu’il est impossible de savoir qui est handicapé ou pas. Celui qui est sur scène est ou n’est pas comédien, c’est tout.
Les quatorze professeurs avec lesquels je travaille sont des professionnels du théâtre et pas des travailleurs sociaux : c’est une école de théâtre, nous avons des élèves ; encore une fois, un point c’est tout !
Quel pédagogue êtes-vous ?
Pascal Parsat : En tant que directeur pédagogique, j’accompagne la formation, je « débriefe ». Je refuse le frisson émotionnel gratuit et suis d’une très grande sévérité quand c’est nécessaire, quand le travail est incertain ou bâclé : nous ne sommes pas dans le charitable. Qui aime bien châtie bien ! Il est indispensable que les élèves entreprennent cette épreuve car être comédien est une épreuve constante. Je ne suis pas un thérapeute ! Fondamentalement, je suis un humaniste et je pense qu’une société qui exclut un seul de ses citoyens n’est pas digne.
Le handicap constitue un problème extrême dans une société qui nous interpelle sur notre incapacité à être différents. « Tous nous serions transformés si nous acceptions d’être différents », disait Yourcenar. Quand on a le goût d’enseigner, qu’on se frotte comme moi au handicap depuis quinze ans et qu’on sait que le théâtre est un atout formidable, il est évident qu’on se lance dans l’aventure, plutôt que de laisser ces gens se faire abuser par des beaux parleurs ou des apprentis sorciers.
Vous pouvez accéder au hors-série de la terrasse au format PDF en allan sur www.journal-laterrasse.com
 
L'avant scène théâtre - 15 janvier 2005
Le regard en commun par Amélie Coordonnier
A O Clair de la Lune, on fait donc du théâtre comme ailleurs. Ceux qui espéraient assister à un cours extraordinaire seront déçus.
« Je travaille de la même manière avec les personnes handicapées ou non, car chacun éprouve des difficultés qui peuvent toutes être surmontées », témoigne Elisabeth Martin-Chabot, spécialiste des publics spécifiques et professeur du cours de niveau 2, destiné aux seize ans et plus.
Frédérique, élève voyant, confirme : « Nous sommes tous ici avec nos défauts et nos handicaps personnels, unis par les mêmes appréhensions. » Seuls les labradors qui dorment sagement allongés aux pieds de leur maître rappellent le handicap visuel. Mais les miroirs déformants, accrochés aux murs, disent qu’il ne faut pas se fier aux apparences. « La différence ne se situe pas là où on croit qu’elle est, avertit Stéphanie Sauthon. On peut perdre la vue, sans perdre le regard, c’est pour cette raison que je suis là. Pour transmettre à tous la possibilité d’être libre. »
Ce mercredi-là, c’est au tour de Maxime et Aurélie, tous deux voyants, de travailler leur texte, sous l’œil avisé de Pascal Parsat, venu leur rendre visite. Ils ont choisi un extrait de La Mouette de Tchekhov. « Au lieu de vous écouter, vous vous fuyez, remarque le directeur ; Posez-vous et ne craignez pas qu’on vous regarde puisque vous êtes sur scène pour ça ! » Invitée à prendre la parole, Paule, non voyante, l’approuve : « Je fais plus attention à ce que dit Aurélie quand elle est immobile ». Puis s’engage un travail collectif sur la respiration ventrale autour du nez de Cyrano de Bergerac. Cyrille, accompagnée de sa chienne Pollen, préfère rester assise pour relire le passage de Giraudoux qu’elle a choisi d’interpréter. Elle attend son tour avec une fébrilité tangible. Le trac se devine dans les inlassables allers-retours des doigts qui courent fiévreusement sur la page en braille. Hélas, le temps passe trop vite, il est déjà vingt-deux heures. Cyrille devra attendre la semaine prochaine. Qu’importe au dehors brille un beau clair de lune.
 
O Clair de la Lune - Antenne Montigny-le-Bretonneux
Petit Quentin Avril 2010 - Dominique Ciarlo
Devenir acteur de sa vie
Montée en 2004 par le Centre Ressources Théâtre Handicap, l'école O Clair de la Lune accueille enfants, adolescents et adultes en situation de handicap, ou pas. Une de ses antennes est installée à Montigny-le-Bretonneux.
Ce mercredi là, à l'école municipale de théâtre ignymontaine, quatre chaîses - deux devant, deux derrière - forment un taxi imaginaire. "Qui veut faire le chauffeur ?", demande Vincent Vernerie, professeur de théâtre pour l'école O Clair de la Lune. Initiée par le CRTH en 2004, celle ci a ouvert une antenne à Montigny en septembre 2008, avec le soutien de la municipalité.
Un besoin d'expression
Michaël, Mélanie, Axelle et Clara lèvent le doigt. Dans la troupe, certains explosent de joie, d'autres s'interrogent ou s'agitent. L'improvisation est savoureuse et fait voler en éclat toutes les barrières. Atteint d'autisme, d'un retard de langage, de trisomie ou ne souffrant d'aucun type de handicap, chaque enfant tient son rôle, plus ou moins sigulièrement, avec un besoin d'exprimer ses sentiments.
Sans jamais donner l'impression de diriger, Vincent encadre tout son petit monde avec force et finesse, en vrai professionnel. Créée par l'auteur, metteur en scène et comédient Pascal Parsat, cofondateur et directeur artistique du CRTH, l'école O Clair de la Lune propose une pédagogie fondée sur la perception, les sens, l'exploration, l'experimentation, la parole, le jeu... et accueille tous les publics, notamment ceux qui ont des besoins spécifiques et ceux qui doivent les prendre en compte. Le but de l'école est de conduire chacun vers une pratique autonome afin que, avant de jouer la comédie, chacun devienne acteur de sa vie.
Rire et confiance en soi
Elia et Zacharie partagent un rire complice en apprenant qu'il va d'abord falloir passer par l'aéroport... pour rejoindre New York. "Alors à l'aéroport !", lance la jeune cliente, tandis que le conducteur démarre en klaxonnant de la voix.
A l'extérieur de la salle, les parents qui attendent les comédiens amteurs témoignent spontanément. "Michaël a moins peur de prendre la parole." "Océane a davantage confiance en elle." "Zacharie a pris une certaine forme d'assurance."
En soirée, ce sont des adultes qui viendront, puis, samedi, des adolescents.
 
Sensibiliser les professionnels
Le CRTH propose des cours, des formations, des outils adaptés, des actions ciblées (grandes école, entreprises...), etc. Il sensibilise aussi les professionnels à l'accueil des personnes en situation de handicap. En 2015, toutes les salles accueillant du public devront respecter les normes d'accessibilité. Pour leur permettre d'évaluer les besoins, le CRTH envoie une équipe d'une dizaine d'usager brigadiers. Malvoyant, déficient auditif, personne à mobilité réduite ou de petite taille... chacun note ses observations. "Cette visite n'est pas une inspection, elle permet juste d'établir une liste de recommandations", précise Alexandra Révolte, chargée de la communication du CRTH.

 
Les actions, les spectacles
L'avant scène - Chroniques d'Avignon
Par Hélène Kuttner
Colin-Maillard de Pascal Parsat, d'après la Lettre sur les aveugles de Diderot au Funambule.
La Lettre sur les aveugles, qui envoya son auteur, Denis Diderot, en prison un mois après sa publication, est l'un des textes les plus puissants et les plus sensibles de la litterature française. Découvrant le monde des non-voyants et assistant aux prémices médicaux d'une possible guérison, l'encyclopédiste signe une longue lettre à l'usage de ceux qui voient. Cette prose, composée avec le brillant et la clarté de l'esprit des Lumières, est prétexte pour Diderot à développer et à expliciter tous les thèmes qui lui sont chers : la tolérance, la compassion, la justice et l'amour des autres, particulièrement de ceux qui sont différents, exclus de la société en raison de leur handicap ou de la couleur de leur peau.
Pascal Parsat, qui effectue depuis quelques années un remarquable travail de création sur le thème de l'univers des aveugles, s'est glissé dans la peau de Diderot, qui plonge délibérément Lison (Stéphanie Sauthon) dans le noir. Durant cette nuit magique, le maître, de sa voix puissante et chaude, initiera sa servante apeurée au mystère des sensations, à la multiplicité des vies qu'on ne voit pas, à ce champs de tous les possibles révélé par l'obscurité. Des rêves, des aveux coquins et des odeurs (Jacqueline Blanc-Mouchet) peuplent cette traversée, mêlés à des bruits de chute dans les escalisers ou de baisers qu'on échange. Sensuel, philosophique et joyeux, ce spectacle constitue la meilleure antidote à l'aveuglement qui nous guette.
 
La Croix - 16 décembre 1999
Par Arnaud Vaulerin
Pascal Parsat, le visiteur du noir
Une ultime lueur. Et plus rien. Noir complet. Obscurité dense, presque inquiétante. Puis la première voix a surgi des ténèbres. Chaude, mature et masculine, "sensuelle", lui avouera dans quelques instants la seconde voix féminine, innocente et faussement ingénue. Par-delà la nuit, ils vont se parler dans un étonnant face à face, dans un huis clos d'ombre au service des mots et des sens. Exit la vue.
Ce soir, le 24 juillet 1749, Diderot rentre chez lui. Une faible lumière s'évanouit furtivement dans son bureau. C'est Lison, sa domestique occupée à épier son courrier. Passées la peur et la déception, ils vont ainsi s'apprivoiser. L'une, interprêtée par Stéphanie Sauthon, est pleine de bon sens, assise sur quelques certitudes mais généreuse et courageuse. L'autre, Pascal Parsat, épouse les propose de Diderot avec finesse, amusement et retenue. Le directeur de la Compagnie "Regard'en France" et créateur du théâtre dans le noir signe avec Colin-Maillard une adaptation libre et réussie de la Lettre sur les aveugles du philosophe des Lumières, arrêté pour avoir écrit cette lettre il y a deux cent cinquante ans. Son propos est moins une performance d'acteur dans le noir qu'une réelle découverte de l'altérité. Une revendication de la différence. Dans l'ailleurs, en posant des dizaines de questions, en revisitant des convictions trop bien enracinées et en convoquant l'imaginaire. Car si la vue n'est plus de mise, restent les sons, les parfums et les mouvements que l'on pressent quand le plancher craque, la liqueur de poire s'évapore - grâce à une remarquable mise en senteur - et que tinte l'horloge en égrenant les heures. "Manière d'amener les gens à rêver dans la lucidité", précise Pascal Parsat.
Peu à peu, les barrières disparaissent. Reste une femme et un homme. Moins entière qu'il n'y paraît, la domestique se livre en confidences ; lui abandonne le ton discursif et se dévoile, en peurs et en faiblesse. On touche à l'essentiel en toute légèreté : "Vous me voyez mais vous ne me regarder pas", chuchotte Lison à Diderot. Avec la pénombre qui revient, on se dit alors que cette remarque est à n'en pas douter la plus belle image de ce spectacle surprenant jusqu'au dernier moment.

Théâtre magazine - octobre, décembre 1999
Par Pierre Notte
Colin-Maillard
A voir dans le noir, absolument...
Au sol, des loupiotes rouges, comme autant de vers luisants, guident le public vers des tranchées invisibles. On se laisse porter, confiant, par deux comédiens. Lison est servante, Denis est le maître. Après six ans de bon et loyaux rapports, ces aveugles du coeur se regardent en face pour la première fois "Monsieur Diderot, vous ne m'avez jamais vue" dit-elle. 1749, dans la nuit du 23 juillet, le couple réapprend à sentir, à toucher, à goûter jusqu'à l'aube maussade où la lumière n'a plus rien à voir avec la vérité. Au matin, l'encyclopédiste est arrêté, accusé d'hérésie pour avoir cité, dans sa Lettre sur les aveugles, le mathématicien aveugle Saunderson : "Je ne puis reconnaître que par le toucher. Qu'on m'amène votre Dieur et je croirai". La Compagnie Les Visiteurs du Noir propose un théâtre sans lumière. Ne plus voir pour mieux regarder, pour détourner les pièges de la tyrannie ordinnaire de l'image. "J'écoute sans regarder et ainsi je vois" écrivait Pessoa. La voix douce, familière de Stéphanie Sauthonet celle grave, puissante de Pascal Parsat, instigateur du projet, savent admirablement se faire entendre.
 
 
Les Festivals d'Avignon 2010
Presse :
Avignews.com
n° spécial Avignon - juillet 2010
Article sur le festival Contre-courant organisé par la CCAS
(.....) Un lieu de réflexion également sur l'art, le politique et le social, avec des débats et des rencontres, accessibles à tous, en collaboration avec Regard'en France Cie - Centre Ressources Théâtre Handicap.
 
 
La Terrasse
n° spécial Avignon - juillet 2010
Article sur le festival Contre-courant organisé par la CCAS
(...) Capitalisant naturellement sur l'insulaire pour créer l'insolite, le festival mélange allègrement théâtre, conte, humour, musique, arts du cirque, danse, cinéma, lectures, performances et même magie mentale, dans une programmation qui cette année encourage vivement à la découverte de l'altérité. pour ne citer qu'eux : Café Noir, une performance proposée par le Centre Ressources Théâtre Handicap, plonge 50 personnes dans le noir et dans des activités qui les obligent, sans se voir, à se rencontrer. (...)
 
Le Comtadin
Hebdomadaire - semaine du 8 juillet 2010
Centre Ressources Théâtre Handicap
"Le Talent ne fait pas de différence"
Pour que le théâtre soit accessible à tous le CRTH est à Avignon du 8 au 18 juillet. Ses concepts des "Visiteurs du noir" à son spectacle "Colin Maillard" joué dans le noir total, et ses outils de sensibilisation dont l'exosition "Le Talent ne fait pas de différence", l'ouverture de l'école différente de théâtre"O Clair de la Lune", le "Fonds Théâtral Sonore", la production de "Vol de Nuit"... sont autant d'étapes et d'aventures, d'épreuves, de défis relevés, de progrès, de réussites, de découvertes, de changements...
Aujourd'hui le CRTH met ses acquis au service du spectacle vivant, du cinéma, de l'audiovisuel, du domaine social, de l'emploi et de l'insertion, de leurs publics, des amateurs et des professionnels. Que ce soit In, Off ou à Contre-courant, le séjour des personnes handicapées sera facilité. Par exemple : programmes en braille, gros caractères et vocalisés, "brigade" pour accompagner les festivaliers, ou encore la mise en accessibilité d'un spectacle au Théâtre du Balcon le mercredi 14 juillet à 15h45 (Mein Führer Boucle Magnétique/LSF).
L'expo
La Maison Départementale des Personnes Handicapées et Lafarge Plâtres, présentent l'exposition "Le Talent ne fait pas de différence" produite par le CRTH et créée par Pascal Parsat et Agnès Cappadoro. Un outils de sensibilisation et d'information original, accessible à tous, qui contribue à changer le regard sur le handicap. De Homère à Glenn Gould, 12 artistes inscrits dans l'histoire et la mémoire collective, 12 talents connus et reconnus de tous, qui ont su transcender leur art, confirmant que le talent, les compétences sont au-delà du handicap. En partenariat avec Lafarge Plâtres.
 
Vaucluse Matin
Quotidien - Samedi 10 juillet 2010
"Le Talent ne fait pas de différence"
A l'heure du festival, ce jeudi, s'ouvrait à la Maison Départementale des Personnes Handicapées du Vaucluse, l'exposition "Le Talent ne fait pas de différence". Douze artistes sont présentés, 12 talents reconnus d'Homère à Glenn Gould pianniste hypocondriaque, en passant par Sarah Bernhardt comédienne amputée d'une jambe ou Louis Jouvet qui maniait bien le verbe bien que bègue.
Un manque de communication
Cette exposition itinérante ouverte au public, fruit d'un partenariat entre le Centre Ressources Théâtre Handicap, les Plâtres Lafarge, le Conseil Général et la MDPH. Elle donne à chacun l'opportunité d'une réflexion sur le handicap, préjugés, ignorance, malaise et leur peur étant encore aujourd'hui les principaux obstacles à la rencontre.
"Mais aussi un manque de communication le public concerné est encore trop absent" précise Pascal Parsat, directeur du CRTH et initiateur du projet.
Projet qui incarne pleinement cet engagement de faire entrer la culture dans toutes les structures et dont la présence, durant le festival, pour la première fois, à travers différentes actions, informations, conférences, diffusion de programmes en braille etc, traduit une réelle volonté de rendre le théâtre accessible à tous.
 
Vaucluse Matin
Quotidien - Lundi 12 juillet 2010
Souffleur d'images
Zohair Ros, 26 ans est Souffleur d'images bénévole durant le festival. Parisien, c'est à la demande du CRTH qu'il est venu à Avignon, son rôle consistant à accompagner des personnes déficientes visuelles à un spectacle.
"D'abord, on se rencontre une demi-heure avant la représentation pour faire connaissance et rappeler le principe de l'accompagnement, ma présence devant se limiter à ne répondre qu'uniquement à la demande, cette dernière pouvant concernenr la description des décors, leur emplacement, la couleur des costumes mais aussi l'action des comédiens" explique Zohair.
Et de préciser "Ces descriptions doivent être très objectives afin de ne pas influencer l'imaginaire de la perosnne mais auparavant, il faut sensibiliser les voisins à cette démarche et enfin, à l'issue du spectacle nous nous retrouvons autour d'un verre pour échanger nos points de vue".
Zohair vient de terminer son cycle de trois années au conservatoire du 20ème ou depuis deux ans le directeur du CRTH, Pascal Parsat et aussi professeur d'art dramatique, propose aux apprentis comédiens ce travail de Souffleur d'images, l'occasion termine Zohair "de vivre une expérience humaine enrichissante et de découvrir des spectacles gratuitement vers lesquels on ne serait pas forcément allé".
 
La Marseillaise
Quotidien - Jeudi 15 juillet 2010
Article sur le Festival Contre-courant organisé par la CCAS
(...) La singularité sera sur scène le vendredi 16 juillet à 23h30 avec "Café Noir", une création de Pascal Parsat, directeur artistique du Centre Ressources Théâtre Handicap réalisée entièrement dans le noir. En 1993 en imaginant le concept des Visiteurs du Noir, Pascal Parsat est devenu précurseur des spectacles dans le noir. A l'époque, ce dernier était loin de penser que cela deviendrait outils de référence, force d'ouverture, action citoyenne. plus qu'un spectacle, une expérience sensitive proposée ce soir à la Barthelasse. (...)
 
Article Fondation Orange écrit à l'occasion des Festivals d'Avignon
Pour lire l'article cliquez sur ce lien : Article Fondation Orange
 
 
Radio :
2 juillet 2010 – France Bleue Vaucluse
Interview de Pascal Parsat dans la rubrique « Invité du jour »
Durée de l’interview : 8 minutes
 
12 juillet 2010 – Nostalgie Vaucluse
Interview de Pascal Parsat
Durée de l’interview : 10 minutes – diffusée plusieurs fois
Citer cet article sur votre site

Pour créer un lien vers cet article sur votre site,
copiez et collez le texte ci-dessous dans votre page.




Prévisualisation :

Presse
Jeudi, 03 Décembre 2009

Powered by QuoteThis © 2008